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Spécial Laïcité

par Gérard D'ANDREA, Président de l'APMCJ
Introduction
Laïcité vient du grec "laikos"
La parole divine et la parole de l'homme
et dieu créa la femme
La République, une solution ?
Laïcité, mère de tolérance
Fraternité : Amour de son prochain
Mondialisation
Construisons une europe Fraternelle

 

Cette réflexion sur la laïcité n'est pas une vérité absolue et définitive, c'est pourquoi nous attendons avec intérêt vos propres idées sur le sujet.

Merci de participer à cet échange, qui est très important pour l'avenir de nos sociétés.

info@apmcj.com

 

(4) DECALOGUE : Les dix Commandements transmis par Dieu à Moïse et retenus dans les trois religions du Livre.
(*)

Commandements de base du décalogue :

"Tu aimeras Dieu de toutes tes forces"
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même

 


...La parole divine et la parole de l'homme...

 

La laïcité est donc devenue aujourd'hui, en tant que valeur philosophique, partie intégrante de la République française. Mais, son ancrage est-il définitif? Hélas, il est facile de se rendre compte que cette vision idyllique du respect et de la tolérance est constamment remise en cause par les hommes qui de tout temps ont pris Dieu en otage en oubliant le message du décalogue(4) pour transmettre un message d'intolérance, de haine ou d'oppression.

Au début de l'ère chrétienne, Saint Augustin justifiait les crimes contre les non-croyants en prétendant "qu'il y avait une persécution juste, celle que font les Eglises du Christ aux impies. L'église persécute par amour et les impies par cruauté" (lettre 185). Le sens de la parabole du bon grain et de l'ivraie a été inversé pour justifier les bûchers de l'Inquisition. Les rois très catholiques d'Espagne ont persécuté les Juifs et au Proche-Orient, les Croisés s'en sont pris aux musulmans. L'interdiction de certains livres et la censure culturelle n'ont été supprimées par l'Eglise qu'en 1962.

Dans la France de la Restauration, la profanation des emblèmes religieux, assimilée au parricide, était punie de la peine capitale, précédée de l'amputation du poignet à la hache (loi de 1825).

Plus près de nous, l'assassin de l'homme politique israélien RABIN a justifié son geste dans l'interprétation de l'Ancien Testament. Le Livre de Josué, riche en récits de massacres de peuples autres que le peuple élu n'a rien à envier aux versets les plus guerriers du Coran en matière de justification anticipée des violences interreligieuses et interethniques.

On peut ainsi affirmer que les trois religions du Livre peuvent conduire à une interprétation dangereuse de leurs textes si l'on n'en fait qu'une lecture littérale partielle, ce que font généralement les fondamentalistes pour justifier l'injustifiable.
C'est toujours au nom de Dieu que les catholiques et les protestants se sont entretués et continuent, avec vigueur, de le faire en Irlande, faisant souvent l'amalgame entre les revendications politiques et religieuses. Il en est de même dans toutes les parties du monde où des "bêtes immondes", supposées être des hommes, prêchent la haine de l'autre, la supériorité d'une race, d'une ethnie, d'une religion par rapport à l'autre. Ils sévissent sur tous les continents, et particulièrement en Europe, en Afrique, en Orient, au Moyen-Orient, …. Et souvent, pour dissimuler la monstruosité de leur raisonnement, leur soif de pouvoir, leur cupidité, leurs bas instincts, ils brandissent l'étendard de Dieu.

Ils oublient ainsi, si l'on suit leur raisonnement haineux, qu'on ne peut que continuer à s'éloigner du Dieu originel dont le 5ème Commandement constitue une des règles de l'alliance : "Tu ne commettras pas de meurtre". En outre, lorsque pour justifier sa conduite, l'homme évoque le nom de Dieu, il le prend en otage car il le fait parler en son nom.
Croire en Dieu ne consiste nullement à s'exprimer à sa place.
Croire en Dieu, c'est avant tout une adhésion*, un témoignage, une attitude où la Fraternité est primordiale*. La Foi ne peut donc être qu'un lien entre l'individu et l'Etre suprême. Et cette croyance ne peut se confondre avec l'Etat dont l'objectif est l'organisation de la vie en société.

Par ailleurs, il n'y a pas une interprétation de la parole divine, encore moins de textes, dont l'exégèse ne soit pas le fait de l'homme, cet être imparfait qui aurait été chassé par Dieu de l'Eden. Ainsi donc l'homme, dont Dieu s'est séparé, aurait vocation à parler en son nom ? Ne devrait-il pas plutôt respecter les termes de l'alliance contenus dans les Dix Commandements ?


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