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La
laïcité est donc devenue aujourd'hui, en tant que valeur
philosophique, partie intégrante de la République française.
Mais, son ancrage est-il définitif? Hélas, il est facile
de se rendre compte que cette vision idyllique du respect
et de la tolérance est constamment remise en cause par les
hommes qui de tout temps ont pris Dieu en otage en oubliant
le message du décalogue(4) pour transmettre
un message d'intolérance, de haine ou d'oppression.
Au début de l'ère chrétienne, Saint Augustin justifiait
les crimes contre les non-croyants en prétendant "qu'il
y avait une persécution juste, celle que font les Eglises
du Christ aux impies. L'église persécute par amour et les
impies par cruauté" (lettre 185). Le sens de la parabole
du bon grain et de l'ivraie a été inversé pour justifier
les bûchers de l'Inquisition. Les rois très catholiques
d'Espagne ont persécuté les Juifs et au Proche-Orient, les
Croisés s'en sont pris aux musulmans. L'interdiction de
certains livres et la censure culturelle n'ont été supprimées
par l'Eglise qu'en 1962.
Dans la France de la Restauration, la profanation des emblèmes
religieux, assimilée au parricide, était punie de la peine
capitale, précédée de l'amputation du poignet à la hache
(loi de 1825).
Plus près de nous, l'assassin de l'homme politique israélien
RABIN a justifié son geste dans l'interprétation de l'Ancien
Testament. Le Livre de Josué, riche en récits de massacres
de peuples autres que le peuple élu n'a rien à envier aux
versets les plus guerriers du Coran en matière de justification
anticipée des violences interreligieuses et interethniques.
On peut ainsi affirmer que les trois religions du Livre
peuvent conduire à une interprétation dangereuse de leurs
textes si l'on n'en fait qu'une lecture littérale partielle,
ce que font généralement les fondamentalistes pour justifier
l'injustifiable.
C'est toujours au nom de Dieu que les catholiques et les
protestants se sont entretués et continuent, avec vigueur,
de le faire en Irlande, faisant souvent l'amalgame entre
les revendications politiques et religieuses. Il en est
de même dans toutes les parties du monde où des "bêtes immondes",
supposées être des hommes, prêchent la haine de l'autre,
la supériorité d'une race, d'une ethnie, d'une religion
par rapport à l'autre. Ils sévissent sur tous les continents,
et particulièrement en Europe, en Afrique, en Orient, au
Moyen-Orient, …. Et souvent, pour dissimuler la monstruosité
de leur raisonnement, leur soif de pouvoir, leur cupidité,
leurs bas instincts, ils brandissent l'étendard de Dieu.
Ils oublient ainsi, si l'on suit leur raisonnement haineux,
qu'on ne peut que continuer à s'éloigner du Dieu originel
dont le 5ème Commandement constitue une des règles de l'alliance
: "Tu ne commettras pas de meurtre". En outre, lorsque pour
justifier sa conduite, l'homme évoque le nom de Dieu, il
le prend en otage car il le fait parler en son nom.
Croire en Dieu ne consiste nullement à s'exprimer à sa place.
Croire en Dieu, c'est avant tout une adhésion*,
un témoignage, une attitude où la Fraternité est primordiale*.
La Foi ne peut donc être qu'un lien entre l'individu et
l'Etre suprême. Et cette croyance ne peut se confondre avec
l'Etat dont l'objectif est l'organisation de la vie en société.
Par ailleurs, il n'y a pas une interprétation de la parole
divine, encore moins de textes, dont l'exégèse ne soit pas
le fait de l'homme, cet être imparfait qui aurait été chassé
par Dieu de l'Eden. Ainsi donc l'homme, dont Dieu s'est
séparé, aurait vocation à parler en son nom ? Ne devrait-il
pas plutôt respecter les termes de l'alliance contenus dans
les Dix Commandements ?
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