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Certes, l'apport des philosophes grecs est indéniable,
mais n'oublions pas ceux d'Orient : CONFUCIUS (551 av. JC)
qui préconisait la vertu, la bonté, l'humanité et le discernement
et BOUDDHA ou SÄKYAMUNI (né en 556 av. JC) philosophe plus
que religieux dogmatique, qui prônait la compassion universelle.
Au XIème siècle, AVERROES(1), Cadi puis
grand Cadi (juge civil et religieux chez les musulmans)
préconise une lecture rationnelle du Coran et un véritable
humanisme s'inspirant ainsi largement d'ARISTOTE(2).
Au
XVIIème siècle, SPINOZA, philosophe hollandais éduqué pour
être rabin, remet en question les dogmes religieux. Il prône
la libération de l'homme de ses aliénations politiques et
religieuses par la connaissance et le savoir, ainsi que
la séparation de l'Etat de toute religion. CONDORCET(3),
présente en 1792 à la Convention un plan, révolutionnaire
pour l'époque, d'organisation de l'instruction publique,
fondée sur la laïcité.
Tous ces philosophes furent con-damnés en leur temps par
les autorités religieuses des divers cultes qui, profitant
de leur supposé savoir et surtout de l'ignorance de leurs
contemporains, imposèrent une inter-prétation archaïque
et irrationnelle de leurs religions respectives.
En France, l'église chrétienne s'est développée en s'intégrant
peu à peu aux structures politiques de l'Empire Romain,
adoptant même une attitude théocratique impliquant l'église
dans la vie publique.
Ainsi, l'amalgame du temporel et du spirituel fut une source
de conflits à l'époque médiévale entre les souverains et
la papauté comme, par exemple, lors de la querelle des investitures,
représentative des velléités d'indépendance de certains
rois, tels que Philippe Le Bel. La révolution de 1789 trancha
en faveur de la laïcité (Condorcet, l'Abbé Grégoire, …).
Le 14 Janvier 1791, Mirabeau, à la Tribune de l'Assemblée
Législative, s'exprimait contre une religion nationale :
"… la religion n'est pas, elle ne peut être un rapport social;
elle est un rapport de l'homme privé avec l'être infini."
Mais, c'est sous la 3ème République que la laïcité triompha,
particu-lièrement dans le cadre de l'enseignement, les laïcs
imposant dans les écoles publiques un enseignement neutre
sur le plan confessionnel, remplaçant le personnel religieux
par un personnel laïque. Les chefs de file furent notamment
: 
Jules Ferry : "Je vous demande de vous tenir dans la
doctrine qui est la doctrine de la liberté de conscience,
de l'indépendance du pouvoir civil, de l'indépendance de
la société civile vis-à-vis de la société religieuse."
Léon Gambetta qui affirme que la liberté de conscience
doit être assurée pour tous et par tous, mais que cette
liberté de conscience consiste d'abord à mettre l'Etat et
les pouvoirs publics en dehors et au-dessus des dogmes et
des pratiques des différentes confessions. Cet affrontement
a parfois pris l'allure de véritables combats.
Cette mise à l'écart du monde religieux dans le cadre de
l'enseignement public s'est étendue à l'organisation et
à l'exercice du pouvoir politique et administratif. La laïcité
est, depuis 1905, considérée comme la neutralité de l'Etat
par rapport à toutes les religions, impliquant de ce fait
la séparation de la société civile et de la société religieuse,
l'Etat n'exerçant aucun pouvoir religieux.
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