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Spécial Laïcité

par Gérard D'ANDREA, Président de l'APMCJ
Introduction
Laïcité vient du grec "laikos"
La parole divine et la parole de l'homme
et dieu créa la femme
La République, une solution ?
Laïcité, mère de tolérance
Fraternité : Amour de son prochain
Mondialisation
Construisons une europe Fraternelle

 

Cette réflexion sur la laïcité n'est pas une vérité absolue et définitive, c'est pourquoi nous attendons avec intérêt vos propres idées sur le sujet.

Merci de participer à cet échange, qui est très important pour l'avenir de nos sociétés.

info@apmcj.com

 

(1) AVERROES : de son vrai nom Abü al-Walid Mohammad ibn Ahmad ibn Muhammad ibn Ruchd, philosophe, savant, médecin arabe (1126-1198)
(2) ARISTOTE : philosophe grec, 384 - 322 av. JC, fondateur de la logique formelle. Son œuvre a marqué la philosophie et la théologie chrétiennes du Moyen-Age et a joué un rôle décisif dans les débuts de la science et de la philosophie de l'Islam.
(3) Marie Jean Antoine Caritat, Marquis de CONDORCET : philosophe, homme politique français, mathématicien de génie

Le terme Laïcité vient du grec "laikos",
par l'intermédiaire du latin "laicus" et désigne ce qui appartient au peuple.
 

Certes, l'apport des philosophes grecs est indéniable, mais n'oublions pas ceux d'Orient : CONFUCIUS (551 av. JC) qui préconisait la vertu, la bonté, l'humanité et le discernement et BOUDDHA ou SÄKYAMUNI (né en 556 av. JC) philosophe plus que religieux dogmatique, qui prônait la compassion universelle.

Au XIème siècle, AVERROES(1), Cadi puis grand Cadi (juge civil et religieux chez les musulmans) préconise une lecture rationnelle du Coran et un véritable humanisme s'inspirant ainsi largement d'ARISTOTE(2).

Au XVIIème siècle, SPINOZA, philosophe hollandais éduqué pour être rabin, remet en question les dogmes religieux. Il prône la libération de l'homme de ses aliénations politiques et religieuses par la connaissance et le savoir, ainsi que la séparation de l'Etat de toute religion. CONDORCET(3), présente en 1792 à la Convention un plan, révolutionnaire pour l'époque, d'organisation de l'instruction publique, fondée sur la laïcité.

Tous ces philosophes furent con-damnés en leur temps par les autorités religieuses des divers cultes qui, profitant de leur supposé savoir et surtout de l'ignorance de leurs contemporains, imposèrent une inter-prétation archaïque et irrationnelle de leurs religions respectives.

En France, l'église chrétienne s'est développée en s'intégrant peu à peu aux structures politiques de l'Empire Romain, adoptant même une attitude théocratique impliquant l'église dans la vie publique.

Ainsi, l'amalgame du temporel et du spirituel fut une source de conflits à l'époque médiévale entre les souverains et la papauté comme, par exemple, lors de la querelle des investitures, représentative des velléités d'indépendance de certains rois, tels que Philippe Le Bel. La révolution de 1789 trancha en faveur de la laïcité (Condorcet, l'Abbé Grégoire, …). Le 14 Janvier 1791, Mirabeau, à la Tribune de l'Assemblée Législative, s'exprimait contre une religion nationale : "… la religion n'est pas, elle ne peut être un rapport social; elle est un rapport de l'homme privé avec l'être infini."

Mais, c'est sous la 3ème République que la laïcité triompha, particu-lièrement dans le cadre de l'enseignement, les laïcs imposant dans les écoles publiques un enseignement neutre sur le plan confessionnel, remplaçant le personnel religieux par un personnel laïque. Les chefs de file furent notamment :

Jules Ferry : "Je vous demande de vous tenir dans la doctrine qui est la doctrine de la liberté de conscience, de l'indépendance du pouvoir civil, de l'indépendance de la société civile vis-à-vis de la société religieuse."

Léon Gambetta qui affirme que la liberté de conscience doit être assurée pour tous et par tous, mais que cette liberté de conscience consiste d'abord à mettre l'Etat et les pouvoirs publics en dehors et au-dessus des dogmes et des pratiques des différentes confessions. Cet affrontement a parfois pris l'allure de véritables combats.

Cette mise à l'écart du monde religieux dans le cadre de l'enseignement public s'est étendue à l'organisation et à l'exercice du pouvoir politique et administratif. La laïcité est, depuis 1905, considérée comme la neutralité de l'Etat par rapport à toutes les religions, impliquant de ce fait la séparation de la société civile et de la société religieuse, l'Etat n'exerçant aucun pouvoir religieux.


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