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LE RACISME : LE MAL ABSOLU
 Les pouvoirs publics viennent de soumettre au parlement une loi accentuant les sanctions pénales pour tous les actes de racisme, d'antisémitisme, d'homo phobie. Cette politique gouvernementale répond à une résurgence de l'intolérance, qui par la haine qu'elle suscite, altère la cohésion sociale et favorise le repli communautaire. La France, à l'inverse d'une dictature, est un pays de droits. Cela signifie que tous les actes civils, politiques, commerciaux ou de la vie publique, sont régis par des textes (la loi), qui doivent être respectés par l'ensemble des citoyens. C'est ainsi que tout comportement raciste ou discriminatoire est punissable. Certes, ce ne fût pas toujours le cas. Au contraire, l'évolution du monde dans l'organisation de ses règles, de ses régimes politiques s'est construite essentiellement sur le refus de l'autre, sur l'asservissement et l'eugénisme au nom d'une supposée race supérieure. Bien précieux pour l'harmonie des hommes, les seules armes dont nous disposons pour lutter contre ce fléau, afin de garantir le droit de chacun, quels que soient son origine, sa nationalité, ses choix de vie, sa religion, sont la démocratie et l'engagement humaniste.
Ce combat contre l'ignorance au-delà de ces nouvelles dispositions gouvernementales est donc aussi et surtout celui des citoyens.
Un raciste : c'est toujours quelqu'un qui se trompe de combat |
La multiplication actuelle de profanations de cimetières juifs et musulmans, les graffitis à caractère raciste faisant l'apologie du dogme nazi sur les murs de synagogues ou de mosquées, rappellent à ceux qui auraient pu oublier que la " bête immonde n'est pas morte ". Ces actes criminels au delà du dégoût qu'ils inspirent sont autant de preuves que le pire est encore possible. Il nous faut donc réagir. Chaque citoyen épris de justice et d'humanisme doit lutter contre l'intolérance, les haines et toutes les formes de discrimination, qui aujourd'hui encore gangrènent notre monde. Cette prise de conscience citoyenne doit également émaner des chefs d'états, et notamment de ceux des pays les plus riches, afin qu'ils abandonnent la sacro-sainte raison d'état, et s'engagent enfin dans des politiques ouvertes et solidaires favorisant le règlement de conflits. Cela, afin que ces conflits ne puissent servir de support d'arguments aux intégristes, aux fanatiques de toutes obédiences, dans le but de déstabiliser les démocraties. En effet, ces supposés intérêts d'états ne doivent plus prévaloir à ceux de l'humanité. Que ce soit par dogmatisme, ignorance ou par l'affirmation d'une supériorité d'un groupe au nom d'une appartenance ethnique, religieuse ou raciale, un raciste c'est toujours quelqu'un qui se trompe de combat.
En règle générale, le racisme repose sur un sentiment de supériorité qui s'accompagne de la conviction que " l'autre " constitue un danger et, est générateur de désordre social. C'est le mécanisme bien connu de la recherche du " bouc émissaire " qui rend responsable un groupe - par essence étranger - de ses difficultés, en l'accusant d'être l'élément naturellement perturbateur.
Les propagateurs de ces arguments racistes jouent à la fois sur l'ignorance et les préjugés en avançant des raisonnements simples mais ô combien efficaces : " si on renvoie un étranger dans son pays, c'est un emploi supplémentaire pour un Français ". Voilà une démonstration mathématique qui, si elle devait se concrétiser serait une véritable catastrophe économique. Mais cela on oublie de le dire !
Le racisme : ses fondements, ses origines |
Le racisme est donc une théorie selon laquelle il existerait des races humaines qui présenteraient des différences biologiques justifiant des rapports de domination entre elles et des comportements de rejet et d'agression. Si le terme raciste renvoie à la fois à cette doctrine et aux discriminations qu'elle engendre dans le langage courant, il se rapporte le plus souvent à la xénophobie et à la ségrégation sociale qui en sont les manifestations les plus évidentes. Au delà de cette définition, l'évolution historique des cultures montre que le phénomène du racisme trouve son fondement dans le refus des hommes d'accepter la différence de l'autre. En témoignent notamment les sentiments de xénophobie engendrés par les luttes tribales ou ethniques. Dans l'antiquité grecque, l'affirmation d'une identité collective se traduisait par le fait que les citoyens des cités appelaient " barbares" ceux qui vivaient en dehors des limites du monde Grec. L'esclavage, dont les formes à travers le temps sont multiples, illustre également les rapports de domination qui existaient entre ethnie et peuple divers. Histoire plus récente : la politique de colonisation qui eut comme première conséquence l'asservissement de peuples dominés, forcés de s'incliner devant une volonté extérieure. Se renforçant au cours des siècles, l'Europe coloniale s'investit d'une mission culturelle se donnant comme vocation idéologique l'éducation sociale et religieuse des populations dites " sauvages ", au détriment de leurs cultures qui progressivement, tendront à disparaître. Puis les progrès scientifiques et techniques vont accentuer le sentiment de supériorité des occidentaux, considérant leur suprématie comme naturelle et inhérente à leur civilisation. Cette politique discriminatoire porteuse de conflits futurs, qui aujourd'hui se prolongent, a mis dans des situations de dépendance, de pauvreté et d'indignité des peuples entiers.
On ne peut pas se référer à l'histoire du racisme sans évoquer, un des pires crimes que l'humanité ait connu : l'extermination systématique des juifs européens dans les camps de la mort nazis. Certes, nombre de crimes, massacres et guerres sont à l'origine de millions de victimes, c'est malheureusement l'histoire des hommes. Mais créer une industrie pour éliminer systématiquement des hommes, des femmes et des enfants n'a aucun précédent. Avec les tsiganes, les homosexuels, les opposants au dogme hitlérien, plus de six millions d'êtres humains ont trouvé la mort dans les camps de concentration. Contrairement à ce l'on a pu affirmer, ce génocide n'est pas un " détail " de l'histoire, mais l'échec de la pensée en tant que fonction servant le droit inaliénable de l'homme.
Une prise de conscience internationale du phénomène de racisme a eu lieu au XXème siècle. En France la défense du capitaine Dreyfus, injustement condamné pour espionnage au profit de la Prusse, uniquement parce qu'il était juif, a fait évoluer les consciences vers le nécessaire combat contre le racisme. Hier, le procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg a été une étape psychologique et politique décisive dans la volonté des nations à bannir le racisme, aujourd'hui le procès de l'ancien maître de la Yougoslavie juge Milosevic pour crimes contre l'humanité. Cependant, de nombreuses formes de discriminations perdurent dans notre monde contemporain, en dépit des injonctions du droit international et notamment des conventions assurant les droits des minorités et ceux de la personne humaine. L'Afrique du Sud avec son régime d'apartheid les a défié jusqu'en 1990, la " purification ethnique " entreprise par les Serbes en ex-Yougoslavie à partir de 1991, le massacre de la minorité Tutsie au Rwanda, sont quelques exemples de violations flagrantes des conventions internationales. Bien que le racisme n'ait pas été éradiqué, l'idéologie qui en constitue la base a été progressivement soumise à une critique radicale. En effet, la science a réfuté le concept de race en mettant en évidence son caractère subjectif qui repose sur des préjugés. Des anthropologues, des biologistes, des généticiens et des sociologues ont démontré que la notion de race était vide de sens dans la mesure où le genre humain est un et indivisible.
Les causes du racisme sont complexes. Elles s'enracinent dans l'imaginaire collectif et individuel, de la peur, de l'irrationnel, de l'ignorance et dans le sentiment de crainte et d'insécurité qu'éprouve l'être humain face à son avenir. C'est aussi le repli identitaire et communautaire. A cela il faut ajouter les causes sociales et l'intolérance qui se nourrit de la pauvreté, du chômage et de l'exclusion. Tous ces critères sont présents dans notre monde contemporain, et se posent avec plus d'acuité aujourd'hui qu'hier. Déjà en 1997 le président de la commission européenne, Monsieur Jacques Sauter, faisait ce constat en déclarant à l'ouverture de la conférence de l'année européenne contre le racisme : "les formes actuelles de racisme doivent beaucoup au déclin de notre société industrielle, à la fragilisation des systèmes politiques nationaux et locaux, à l'affaiblissement et la défaillance des institutions traditionnelles en charge de l'intégration sociale et à la peur de l'avenir qui accompagne ces mutations. Le développement des intolérances doit aussi à l'insécurité qui caractérise nos sociétés atteintes d'un chômage endémique, l'apparition de nouvelles pauvretés qui conduit à l'exclusion. Enfin, le racisme est alimenté par la montée de l'individualisme et par le recul des droits et des valeurs de solidarité et de justice qui régulaient nos sociétés".
Appel à la vigilance citoyenne |
Face à la multiplication des intolérances, le Président de la République, Jacques Chirac, a tenu à s'adresser solennellement à la communauté nationale en appelant à la responsabilité et la vigilance de chacun pour lutter individuellement et collectivement " contre des actes de haine, odieux et méprisables, qui salissent notre pays (…) des actes qui atteignent nos écoles, menacent nos enfants, qui profanent nos lieux de culte, nos sépultures, nos symboles les plus forts, qui reflètent la part la plus sombre de l'âme humaine et qui sont indignes de la France"(...) " Je demande à tous les Français de toujours porter avec fierté notre héritage. Patrie des droits de l'Homme, la France a inscrit au fronton de ses édifices les valeurs universelles de l'humanité. Elle a fait de la Liberté, de l'Egalité, de la Fraternité la devise de la République. Rappelons à nos enfants que toute l'histoire de la Nation est jalonnée de ces combats, qui ont inscrit la tolérance et la protection du plus faible au premier rang de nos principes. Combats de ces grands esprits et de ces grandes consciences, qui ont forgé notre culture. Combats des plus humbles, souvent restés anonymes, dont l'engagement, parfois le sacrifice suprême, ont fait l'honneur et la grandeur de la France et des Français "
Pour sa part, l'APMCJ, souscrit pleinement à cet appel car, la nature même de son action qui est de promouvoir une attitude citoyenne, s'efforce en priorité, d'apprendre à nos jeunes à s'opposer à toutes les formes de discrimination.
Textes (conventions internationales, européennes, nationales) prescrivant les attitudes et comportements racistes qui tombent sous le coup de la loi.
-La convention internationale sur l'élimination de toute forme de discrimination raciale.
-La convention européenne des droits de l'Homme.
-Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789.
-Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948.
-Préambule de la constitution de la quatrième et cinquième République.
-Les articles 187, 416 du code pénal portant sur les délits de discriminations raciales.
-L'article 2 du code de procédure pénale portant extension du droit de constitution de partie civile aux associations de lutte contre le racisme.
-Loi du 29 juillet 1881.
-Loi du 1 juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme.
-Loi du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, xénophobe ou antisémite.
-Décret du 18 mars 1998 portant interdiction de port en public des uniformes, insignes ou emblème d'une organisation ou de personnes reconnues coupables de crime contre l'humanité. |
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En France les actes racistes sont condamnables
Selon la loi le racisme c'est : refuser dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à quelqu'un au motif de ses origines.
Ainsi :
-Personne ne peut licencier ou refuser d'embaucher quelqu'un au motif de ses origines.
-Personne ne peut refuser l'accès à un moyen de transport ou l'attribution d'un logement à quelqu'un au motif de ses origines.
-Personne ne peut boycotter une entreprise au motif des origines de ses dirigeants.
-Personne, aucune autorité publique ne peut refuser d'inscrire un enfant à l'école au motif de ses origines.
Un acte raciste c'est aussi :
-L'agression physique, écrite ou verbale par l'injure diffamatoire à l'égard de personnes au motif de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion.
-La provocation à la haine, à la violence et à la discrimination raciale. |
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