LA
DEMOCRATIE
Le Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour
le Peuple !
Notre
société est confrontée au désintérêt
d’un grand nombre de nos concitoyens à la « chose
publique ». Avec un taux d’abstention aux différentes
élections de plus en plus important, une faible participation
militante au sein des partis politiques, peu d’adhésion
à une organisation syndicale, voilà autant de désaffections
civiques qui mettent en sommeil notre démocratie. Pourtant,
chaque citoyen devrait avoir conscience des combats qu’il
a fallu mener pour permettre à la collectivité nationale
de vivre dans un pays de droit, où la devise « Liberté,
Egalité, Fraternité » reste le socle
de nos institutions. Il est donc temps, face à ce monde
déchiré par les conflits, la misère, les
drames humains, les inégalités sociales, que la
conscience collective, le sentiment de solidarité, le combat
pour les droits de l’homme et la dignité, répondent
à l’égoïsme et à l’individualisme
des hommes et des nations.
Un monde, une société qui ne sont pas capables d’apporter
aide et solidarité aux plus défavorisés,
de porter un regard humain aux choses de la vie, laissent la porte
ouverte à toutes les aventures.
Il est courant de dire que la démocratie est le moins mauvais
des systèmes. C’est peut être vrai, mais c’est
aussi le seul capable de permettre le droit, la justice, la participation,
la responsabilité, le pluralisme, la solidarité
du groupe assurant la cohésion sociale.
Alors, pour ceux qui restent en dehors de l’action civique
nous pensons, à l’APMCJ, qu’il n’est
pas inutile de rappeler les grandes lignes de l’histoire
de la démocratie.
 Système
politique dans lequel la souveraineté appartient à
l’ensemble des citoyens. Dans un tel système, le
peuple gouverne directement (démocratie directe) ou par
l’intermédiaire du gouvernement qu’il a choisi
d’établir ( démocratie représentative).
La constitution française l’exprime en son principe :
“gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple”.
Conçue par les Grecs de l’antiquité, la notion
de démocratie a connu de profondes évolutions, donnant
lieu à des expériences politiques très différentes
au cours des siècles et de par le monde. Depuis l’échec
du régime communiste, à la fin des années
1980, et la dérive dictatoriale dans la majeure partie
des pays du tiers monde, la démocratie libérale,
telle qu’elle existe dans les pays occidentaux, apparaît
pour certains comme le seul modèle possible.
LA
DEMOCRATIE DE L’ANTIQUITE A LA RENAISSANCE.
La démocratie dans la Grèce
antique et à Rome. |
Pour
les cités états de la Grèce classique, comme
Athènes, et pour la république romaine à
ses débuts, la démocratie signifiait d’abord
indépendance vis-à-vis de l’extérieur,
condition de la libre expression des citoyens de la cité.
Ces états pratiquaient la démocratie directe :
tous les citoyens pouvaient prendre la parole et voter à
l’agora, l’assemblée de la cité. Cependant,
la démocratie antique ne reposait pas sur l’égalité
de tous les hommes. Les esclaves, les « métèques »,
et les femmes, exclus de la citoyenneté, n’avaient
aucun droit politique. La démocratie romaine ressemblait
à celle des Grecs, bien que Rome accordât parfois
la citoyenneté à des hommes non natifs de Rome.
L’IDEE
DEMOCRATIQUE AU MOYEN AGE ET A LA RENAISSANCE. |
 Au
cours du moyen âge, la démocratie fut mise en sommeil.
Toutefois, l’égalité des hommes devant Dieu
et l’universalisme du judéo-christianisme allaient
contribuer au renouveau de la pensée démocratique.
Le déclin du féodalisme, l’émergence
du capitalisme, et la constitution d’une riche classe de
commerçants capables de participer aux affaires gouvernementales
réactivèrent l’idée démocratique.
Les idées d’égalité et de liberté
des hommes progressèrent durant la renaissance avec le
développement de l’humanisme et plus tard, durant
la réforme, en lutte pour la liberté de religion.
Surtout, la sécularisation progressive de l’Etat
permit de penser le gouvernement des hommes par eux-mêmes,
et non pas par un roi divin selon des lois divines.
LA
NAISSANCE DE LA DEMOCRATIE MODERNE
La révolution Anglaise (1642-1644) |
Les
premiers pas de la démocratie moderne furent accomplis
au cours du soulèvement populaire contre la monarchie absolue
anglaise, qui opposa, dans une guerre civile, de 1642 à
1644, les bourgeois puritains parlementaristes ou « têtes
rondes », à l’ordre anglican traditionnel.
Vaincu en 1644, le roi Charles 1er fut exécuté en
1649. La république de CROMWELL, qui succéda à
la monarchie de 1649 à 1658, n’avait encore rien
de démocratique, et elle aboutit rapidement au retour de
la monarchie, avec Charles II (1660-1685). Cependant, le soulèvement
de 1642, première étape d’une lente évolution
vers la démocratie, avait sérieusement battu en
brèche l’absolutisme Anglais. Il fallut attendre
la Glorieuse révolution de 1688 pour que l’absolutisme
soit véritablement remis en cause, notamment en matière
de droit des gens avec le vote d’une loi en 1672 dite « habeas
corpus » qui garantit les individus contre les arrestations
arbitrair
LA
REFLEXION DEMOCRATIQUE AU SIECLE DES LUMIERES. |
C’est
surtout au XVIII ème siècle que l’idée
démocratique connut un très grand renouveau. Débattant
des notions des droits de l’homme, de liberté ou
encore de pouvoir, les philosophes des lumières placèrent
le concept de démocratie au centre de leur réflexion.
Ainsi, s’inspirant du philosophe Anglais John Loccke, le
Français Charles Louis de Montesquieu pensait pouvoir protéger
les libertés individuelles et prévenir une dérive
absolutiste du pouvoir par des garanties constitutionnelles telles
que la stricte séparation des pouvoirs (exécutif,
législatif, judiciaire).
Jean-Jacques Rousseau eut également une influence remarquable
sur la pensée politique moderne, en se penchant sur la
notion de droit, de contrat social et en s’interrogeant
sur les moyens de faire coïncider bonheur individuel et contrainte
de la vie en société. Ce débat ne s’est
pas limité à l’Europe. Des hommes d’Etat
américains, en lutte contre l’absolutisme monarchique
et la société d’ordres, ont également
contribué à cette importante réflexion démocratique.
Thomas Jefferson qui rédigea la déclaration d’indépendance
des Etats Unis (1776) proposa un projet d’abolition de l’esclavage
qu’il prévoyait pour 1800. James Madison, quatrième
président des Etats Unis (1801-1809), s’opposa également
au centralisme de A. Hamilton, et créa avec Thomas Jefferson
le parti Républicain.
Ce bouillonnement d’idées influença considérablement
les deux révolutions (française et américaine)
qui jouèrent, avec le soulèvement populaire anglais
de 1642, un rôle fondamental dans le processus démocratique
moderne.
LA
REVOLUTION AMERICAINE. |
En
1774, le boycottage des marchandises britanniques par les colons
américains entraîna une rupture définitive
entre les colonies américaines et la Grande Bretagne. Les
colons sortis victorieux de la guerre d’indépendance
qui les opposa aux Britanniques (1775-1781), avec le soutien de
la France, instaurèrent alors la plus jeune démocratie
du monde moderne. En refusant la royauté britannique, la
déclaration d’indépendance de 1776, avait
jeté les bases du nouveau régime. La constitution
de 1787, conciliant avec souplesse désir d’autonomie
des états et nécessité d’un certain
centralisme fédérateur, en garantissait les institutions
et l’application.
Dans
un contexte de crise économique et sociale, stimulé
par l’idéologie des lumières, Louis XVI vit
son pouvoir de plus en plus contesté à la fin du
XVIIIème siècle. La convocation des états
généraux (mai 1789) marque ainsi les débuts
de la Révolution Française. La formation de l’Assemblée
Nationale Constituante (6 juillet 1789), la prise de la Bastille
(14 juillet 1789), l’abolition des privilèges (4
août 1789) et la proclamation de la Déclaration des
Droits de l’Homme et du Citoyen, furent les événements
fondamentaux qui remplaçèrent la royauté
absolue, par une monarchie constitutionnelle.
La proclamation par la Convention de la Ière République,
le 21 septembre 1791, l’exécution du roi (21 janvier
1793) mirent radicalement fin à l’ancien régime.
Les révolutionnaires tentèrent d’ailleurs
d’exporter l’idée républicaine en Europe.
Cependant, la dérive autoritaire de la révolution,
sous l’égide des Jacobins (1793-1794) la réaction
thermidorienne (1794-1795), le Directoire (1795-1799) et enfin
le coup d’état de Napoléon Bonaparte ne permirent
pas l’établissement d’une véritable
démocratie. Il fallut attendre le XIXème siècle
pour qu’au cours d’un lent processus, fait de soubresauts
et de révolutions, la démocratie française
se réalise véritablement.
LES
MONARCHIES CONSTITUTIONNELLES DU XIXème siècle. |
Ces
événements révolutionnaires et les idées
du XVIIIème siècle eurent de sérieuses répercussions
sur les sociétés occidentales du XIXème siècle,
en proie à de profonds changements économiques et
sociaux (consécration du capitalisme, naissance du prolétariat).
Avant la fin du XIXème siècle, toutes les grandes
monarchies d’Europe Occidentale avaient adopté une
constitution qui limitait le pouvoir de la couronne et accordait
une part considérable du pouvoir politique au peuple. Quantité
de ces pays instituèrent un corps législatif formé
sur le modèle du parlement britannique. Le droit de suffrage
s’étendit ensuite jusqu’à devenir universel
à l’intérieur des sociétés démocratiques.
L’avènement des sociétés démocratiques
fut d’abord peu marqué par la proclamation d’une
république comme ce fut le cas en France ou aux Etats-Unis.
| LA
DEMOCRATIE LIBERALE OCCIDENTALE AU XXème SIECLE
Démocratie représentative,
démocratie directe. |
Les
démocraties modernes mêlent, en général,
des formes de démocratie représentative et de démocratie
directe. Ou bien le pouvoir est exercé par les représentants
élus au suffrage populaire par les citoyens électeurs
et responsables devant eux, ou bien, plus rarement, il est exercé
directement, notamment par référendum.
| République,
démocratie, définition des concepts. |
Bien
que proches historiquement, les termes « démocratie »
et « république » ne sont pas synonymes.
L’un comme l’autre font du peuple le souverain. Mais,
dans une république, les gouvernants sont censés
agir en fonction de ce qu’ils considèrent, au nom
de l’Etat, être les besoins et intérêts
du pays et de la nation. Les élus d’une démocratie
reflètent plus directement les aspirations de leurs électeurs
particuliers. Historiquement, les deux s’entremêlent
souvent, comme c’est le cas en France.
| Droits
et garanties dans les démocraties modernes. |
Les
démocraties modernes entendent protéger la liberté
individuelle, ainsi que les droits des minorités, tout
en permettant la décision majoritaire. Elles garantissent
les droits politiques individuels conformément au principe
de la participation des citoyens aux affaires publiques (droit
de suffrage notamment). Elles permettent le multipartisme, institutionnalisent
la lutte pacifique pour le pouvoir politique, et tentent de concilier
les principes parfois contradictoires d’égalité
et de liberté. De plus en plus, des droits économiques
et sociaux tendent à être reconnus, tel l’accès
au savoir. Ces caractéristiques sont inscrites dans d’importants
documents historiques, comme la Déclaration de l’indépendance
américaine, la Déclaration des Droits de l’Homme
et du Citoyen, la Déclaration Universelle des Droits de
l’Homme, la commission Européenne des Droits de l’Homme,
ou dans certaines constitutions nationales.
Ce type de démocratie libérale, parfois critiqué
pour son formalisme, n’est pas le seul modèle existant.
Dans bien des pays encore au nom d’un régime égalitaire,
comme cela fut le cas dans l’ancien bloc de l’Europe
de l’Est, sous tutelle de l’Union Soviétique,
ou dans des régimes autoritaires, la démocratie
reste à construire.
Prenons
conscience de l’immense chance d’être dans un
pays démocratique. Et c’est au nom de cette histoire
que nous devons être des citoyens acteurs de la vie de la
cité, sachant que la société sera ce que
nous en ferons. Soit une société figée, soumise
à l’arbitraire, ou une société de droits
et de devoirs, de libertés et de solidarité, autant
de valeurs difficilement acquises qu’il nous faut préserver
et promouvoir à d’autres.
Alors, se désinterresser, c’est peut-être renoncer
à sa propre liberté, et comme l’écrit
Jean-Jacques Rousseau, “ Renoncer à sa liberté,
c’est renoncer à sa qualité d’homme,
aux droits de l’humanité et à ses devoirs”.
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