<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> La Démocratie : Le Gouvernement du Peuple par le Peuple

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Mars - Avril - Mai 2004 - numéro 48

LA DEMOCRATIE
Le Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le Peuple !

Notre société est confrontée au désintérêt d’un grand nombre de nos concitoyens à la « chose publique ». Avec un taux d’abstention aux différentes élections de plus en plus important, une faible participation militante au sein des partis politiques, peu d’adhésion à une organisation syndicale, voilà autant de désaffections civiques qui mettent en sommeil notre démocratie. Pourtant, chaque citoyen devrait avoir conscience des combats qu’il a fallu mener pour permettre à la collectivité nationale de vivre dans un pays de droit, où la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » reste le socle de nos institutions. Il est donc temps, face à ce monde déchiré par les conflits, la misère, les drames humains, les inégalités sociales, que la conscience collective, le sentiment de solidarité, le combat pour les droits de l’homme et la dignité, répondent à l’égoïsme et à l’individualisme des hommes et des nations.
Un monde, une société qui ne sont pas capables d’apporter aide et solidarité aux plus défavorisés, de porter un regard humain aux choses de la vie, laissent la porte ouverte à toutes les aventures.
Il est courant de dire que la démocratie est le moins mauvais des systèmes. C’est peut être vrai, mais c’est aussi le seul capable de permettre le droit, la justice, la participation, la responsabilité, le pluralisme, la solidarité du groupe assurant la cohésion sociale.
Alors, pour ceux qui restent en dehors de l’action civique nous pensons, à l’APMCJ, qu’il n’est pas inutile de rappeler les grandes lignes de l’histoire de la démocratie.

DEMOCRATIE

Système politique dans lequel la souveraineté appartient à l’ensemble des citoyens. Dans un tel système, le peuple gouverne directement (démocratie directe) ou par l’intermédiaire du gouvernement qu’il a choisi d’établir ( démocratie représentative). La constitution française l’exprime en son principe : “gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple”. Conçue par les Grecs de l’antiquité, la notion de démocratie a connu de profondes évolutions, donnant lieu à des expériences politiques très différentes au cours des siècles et de par le monde. Depuis l’échec du régime communiste, à la fin des années 1980, et la dérive dictatoriale dans la majeure partie des pays du tiers monde, la démocratie libérale, telle qu’elle existe dans les pays occidentaux, apparaît pour certains comme le seul modèle possible.

LA DEMOCRATIE DE L’ANTIQUITE A LA RENAISSANCE.
La démocratie dans la Grèce antique et à Rome.

Pour les cités états de la Grèce classique, comme Athènes, et pour la république romaine à ses débuts, la démocratie signifiait d’abord indépendance vis-à-vis de l’extérieur, condition de la libre expression des citoyens de la cité. Ces états pratiquaient la démocratie directe : tous les citoyens pouvaient prendre la parole et voter à l’agora, l’assemblée de la cité. Cependant, la démocratie antique ne reposait pas sur l’égalité de tous les hommes. Les esclaves, les « métèques », et les femmes, exclus de la citoyenneté, n’avaient aucun droit politique. La démocratie romaine ressemblait à celle des Grecs, bien que Rome accordât parfois la citoyenneté à des hommes non natifs de Rome.

L’IDEE DEMOCRATIQUE AU MOYEN AGE ET A LA RENAISSANCE.

Au cours du moyen âge, la démocratie fut mise en sommeil. Toutefois, l’égalité des hommes devant Dieu et l’universalisme du judéo-christianisme allaient contribuer au renouveau de la pensée démocratique. Le déclin du féodalisme, l’émergence du capitalisme, et la constitution d’une riche classe de commerçants capables de participer aux affaires gouvernementales réactivèrent l’idée démocratique. Les idées d’égalité et de liberté des hommes progressèrent durant la renaissance avec le développement de l’humanisme et plus tard, durant la réforme, en lutte pour la liberté de religion. Surtout, la sécularisation progressive de l’Etat permit de penser le gouvernement des hommes par eux-mêmes, et non pas par un roi divin selon des lois divines.

LA NAISSANCE DE LA DEMOCRATIE MODERNE
La révolution Anglaise (1642-1644)

Les premiers pas de la démocratie moderne furent accomplis au cours du soulèvement populaire contre la monarchie absolue anglaise, qui opposa, dans une guerre civile, de 1642 à 1644, les bourgeois puritains parlementaristes ou « têtes rondes », à l’ordre anglican traditionnel. Vaincu en 1644, le roi Charles 1er fut exécuté en 1649. La république de CROMWELL, qui succéda à la monarchie de 1649 à 1658, n’avait encore rien de démocratique, et elle aboutit rapidement au retour de la monarchie, avec Charles II (1660-1685). Cependant, le soulèvement de 1642, première étape d’une lente évolution vers la démocratie, avait sérieusement battu en brèche l’absolutisme Anglais. Il fallut attendre la Glorieuse révolution de 1688 pour que l’absolutisme soit véritablement remis en cause, notamment en matière de droit des gens avec le vote d’une loi en 1672 dite « habeas corpus » qui garantit les individus contre les arrestations arbitrair

LA REFLEXION DEMOCRATIQUE AU SIECLE DES LUMIERES.

C’est surtout au XVIII ème siècle que l’idée démocratique connut un très grand renouveau. Débattant des notions des droits de l’homme, de liberté ou encore de pouvoir, les philosophes des lumières placèrent le concept de démocratie au centre de leur réflexion. Ainsi, s’inspirant du philosophe Anglais John Loccke, le Français Charles Louis de Montesquieu pensait pouvoir protéger les libertés individuelles et prévenir une dérive absolutiste du pouvoir par des garanties constitutionnelles telles que la stricte séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).
Jean-Jacques Rousseau eut également une influence remarquable sur la pensée politique moderne, en se penchant sur la notion de droit, de contrat social et en s’interrogeant sur les moyens de faire coïncider bonheur individuel et contrainte de la vie en société. Ce débat ne s’est pas limité à l’Europe. Des hommes d’Etat américains, en lutte contre l’absolutisme monarchique et la société d’ordres, ont également contribué à cette importante réflexion démocratique. Thomas Jefferson qui rédigea la déclaration d’indépendance des Etats Unis (1776) proposa un projet d’abolition de l’esclavage qu’il prévoyait pour 1800. James Madison, quatrième président des Etats Unis (1801-1809), s’opposa également au centralisme de A. Hamilton, et créa avec Thomas Jefferson le parti Républicain.
Ce bouillonnement d’idées influença considérablement les deux révolutions (française et américaine) qui jouèrent, avec le soulèvement populaire anglais de 1642, un rôle fondamental dans le processus démocratique moderne.

LA REVOLUTION AMERICAINE.

En 1774, le boycottage des marchandises britanniques par les colons américains entraîna une rupture définitive entre les colonies américaines et la Grande Bretagne. Les colons sortis victorieux de la guerre d’indépendance qui les opposa aux Britanniques (1775-1781), avec le soutien de la France, instaurèrent alors la plus jeune démocratie du monde moderne. En refusant la royauté britannique, la déclaration d’indépendance de 1776, avait jeté les bases du nouveau régime. La constitution de 1787, conciliant avec souplesse désir d’autonomie des états et nécessité d’un certain centralisme fédérateur, en garantissait les institutions et l’application.

LA REVOLUTION FRANCAISE.

Dans un contexte de crise économique et sociale, stimulé par l’idéologie des lumières, Louis XVI vit son pouvoir de plus en plus contesté à la fin du XVIIIème siècle. La convocation des états généraux (mai 1789) marque ainsi les débuts de la Révolution Française. La formation de l’Assemblée Nationale Constituante (6 juillet 1789), la prise de la Bastille (14 juillet 1789), l’abolition des privilèges (4 août 1789) et la proclamation de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, furent les événements fondamentaux qui remplaçèrent la royauté absolue, par une monarchie constitutionnelle.
La proclamation par la Convention de la Ière République, le 21 septembre 1791, l’exécution du roi (21 janvier 1793) mirent radicalement fin à l’ancien régime. Les révolutionnaires tentèrent d’ailleurs d’exporter l’idée républicaine en Europe. Cependant, la dérive autoritaire de la révolution, sous l’égide des Jacobins (1793-1794) la réaction thermidorienne (1794-1795), le Directoire (1795-1799) et enfin le coup d’état de Napoléon Bonaparte ne permirent pas l’établissement d’une véritable démocratie. Il fallut attendre le XIXème siècle pour qu’au cours d’un lent processus, fait de soubresauts et de révolutions, la démocratie française se réalise véritablement.

LES MONARCHIES CONSTITUTIONNELLES DU XIXème siècle.

Ces événements révolutionnaires et les idées du XVIIIème siècle eurent de sérieuses répercussions sur les sociétés occidentales du XIXème siècle, en proie à de profonds changements économiques et sociaux (consécration du capitalisme, naissance du prolétariat). Avant la fin du XIXème siècle, toutes les grandes monarchies d’Europe Occidentale avaient adopté une constitution qui limitait le pouvoir de la couronne et accordait une part considérable du pouvoir politique au peuple. Quantité de ces pays instituèrent un corps législatif formé sur le modèle du parlement britannique. Le droit de suffrage s’étendit ensuite jusqu’à devenir universel à l’intérieur des sociétés démocratiques.
L’avènement des sociétés démocratiques fut d’abord peu marqué par la proclamation d’une république comme ce fut le cas en France ou aux Etats-Unis
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LA DEMOCRATIE LIBERALE OCCIDENTALE AU XXème SIECLE
Démocratie représentative, démocratie directe.

Les démocraties modernes mêlent, en général, des formes de démocratie représentative et de démocratie directe. Ou bien le pouvoir est exercé par les représentants élus au suffrage populaire par les citoyens électeurs et responsables devant eux, ou bien, plus rarement, il est exercé directement, notamment par référendum.

République, démocratie, définition des concepts.

Bien que proches historiquement, les termes « démocratie » et «  république » ne sont pas synonymes. L’un comme l’autre font du peuple le souverain. Mais, dans une république, les gouvernants sont censés agir en fonction de ce qu’ils considèrent, au nom de l’Etat, être les besoins et intérêts du pays et de la nation. Les élus d’une démocratie reflètent plus directement les aspirations de leurs électeurs particuliers. Historiquement, les deux s’entremêlent souvent, comme c’est le cas en France.

Droits et garanties dans les démocraties modernes.

Les démocraties modernes entendent protéger la liberté individuelle, ainsi que les droits des minorités, tout en permettant la décision majoritaire. Elles garantissent les droits politiques individuels conformément au principe de la participation des citoyens aux affaires publiques (droit de suffrage notamment). Elles permettent le multipartisme, institutionnalisent la lutte pacifique pour le pouvoir politique, et tentent de concilier les principes parfois contradictoires d’égalité et de liberté. De plus en plus, des droits économiques et sociaux tendent à être reconnus, tel l’accès au savoir. Ces caractéristiques sont inscrites dans d’importants documents historiques, comme la Déclaration de l’indépendance américaine, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la commission Européenne des Droits de l’Homme, ou dans certaines constitutions nationales.
Ce type de démocratie libérale, parfois critiqué pour son formalisme, n’est pas le seul modèle existant. Dans bien des pays encore au nom d’un régime égalitaire, comme cela fut le cas dans l’ancien bloc de l’Europe de l’Est, sous tutelle de l’Union Soviétique, ou dans des régimes autoritaires, la démocratie reste à construire.

Prenons conscience de l’immense chance d’être dans un pays démocratique. Et c’est au nom de cette histoire que nous devons être des citoyens acteurs de la vie de la cité, sachant que la société sera ce que nous en ferons. Soit une société figée, soumise à l’arbitraire, ou une société de droits et de devoirs, de libertés et de solidarité, autant de valeurs difficilement acquises qu’il nous faut préserver et promouvoir à d’autres.
Alors, se désinterresser, c’est peut-être renoncer à sa propre liberté, et comme l’écrit Jean-Jacques Rousseau, “ Renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité et à ses devoirs”.