FORMATION
DES DELEGUES DE CLASSE : DONNER
LES MOYENS D’UN ENGAGEMENT CITOYEN
Dans
le cadre de son activité des Cercles de Citoyens,
l’APMCJ a dispensé le 12 février dernier,
une formation de délégués de classe
au sein du collège Gustave MONOD de Vitry sur Seine.
Cette action a réuni les 22 délégués
des sections de 4ème et 3ème.
Un
mois après, nous sommes revenus dans cet établissement
pour recueillir les réactions de deux élèves
qui ont participé à cette journée et
surtout pour savoir comment, aujourd’hui, ils appréhendaient
leur fonction et leur rôle. |
 Kahina
et Fatoumata, vous êtes toutes deux élèves
de 3ème. Pourquoi et comment devient-on délégué
de classe ?
Fatoumata
CAMARA :
« En fait je suis déléguée
de classe depuis l’école primaire. J’ai été
élue pour la première fois en CM2. Au collège
je suis régulièrement élue depuis la 6ème
. Cette année, je suis en plus déléguée
au Conseil d’Administration. Je crois que l’on ne
devient délégué que si on a vraiment envie
de défendre les autres et de devenir un acteur dans la
vie du collège. Au collège les CPE ont mis en place
une campagne électorale pour que les futurs délégués
se présentent. Il faut vraiment être crédible. »
Kahina
ZOUIR :
« Pour moi , c’est la première année
que je suis déléguée. D’abord c’est
une sensation nouvelle, l’impression d’être
quelqu’un d’important. Mais tu réalises vite,
que tu as été élu et que tu es le représentant
de ta classe. »
Comment
vit-on la fonction de délégué de classe ?
K : « Ce
n’est pas toujours évident ! Le délégué
n’est pas seulement l’élève qui assiste
au conseil de classe. Tu dois tout le temps être délégué :
quand il y a problèmes personnels, des bagarres, des informations
à chercher et à donner. Des fois on n’a pas
envie et on n’intervient pas. Aujourd’hui je me dis
que parfois je prenais mon rôle à la légère. »
F :
« Quand tu as décidé d’être
délégué tu fais de ton mieux. Ce n’est
pas facile de parler en conseil de classe, des fois on ressent
une boule dans le ventre. Tu te poses des questions : quand
dois-je parler ? Est-ce que ce que j’ai dit était
bien ? Des fois on te dit que tu es au-dessus des lois, que toi,
tu n’as rien à craindre. C’est faux, je n’ai
jamais ressenti quelque chose de tel. C’est dur à
vivre.
Quel
a été votre sentiment lorsqu’on vous a annoncé
que vous participiez à la formation des délégués
de classe organisée par l’APMCJ en collaboration
avec les Conseillers Principaux d’Education du collège ?
K :
« Je me suis demandée quel était l’intérêt
de cette formation, où et avec qui elle aurait lieu »
F
: « Bien que j’étais volontaire pour cette
formation, comme Kahina, je me posais énormément
de questions sur le but de cette journée ».
Comment
avez-vous vécu cette formation ?
F :
« Dans l’ensemble c’était bien.
Mais il aurait mieux valu que cette formation se passe en deux
demies journées. Les formateurs parlaient le même
langage que nous. Alors même si ce qu’ils voulaient
expliquer était difficile ils cherchaient des mots faciles
à comprendre. »
K :
« Ce qui a également fait que cette journée
s’est bien passée, c’est en fait que nous avions
tous une attitude positive, qu’aucun élève
délégué n’a réellement cherché
à détruire cette journée. Les formateurs
nous ont mis à l’aise et cela a facilité les
échanges. »
Depuis
qu’est ce qui a changé ?
F :
« Je prends plus conscience de mon rôle. Lorsque
je parle, j’essaie de faire plus attention à mes
attitudes, à mes paroles, à mes gestes. J’ai
parfois peur de retransmettre certaines informations parce que
je me dis, ai-je été suffisamment complète
et précise ? est-ce vraiment ce que l’autre
voulait dire ? »
K :
« Moi, j’ai surtout appris la différence
entre entendre et écouter. Je suis beaucoup plus attentive
à ce que me disent mes camarades de classe. Je n’hésite
plus à leur reposer des questions pour savoir si j’ai
bien compris leur demande. »
F :
« C’est encore plus vrai lorsqu’on est
confronté à des élèves qui nous exposent
des problèmes personnels. »
K :
« Là où j’ai encore du mal à
m’imposer, c’est quand il y a des bagarres. Séparer
des gens qui se battent ou demander de l’aide, surtout à
des adultes ce n’est pas évident si tu ne veux pas
être traitée de “balance”.
F :
« Moi, quitte à me faire rembarrer : « Mais
qui t’es, toi ? », je n’hésite
pas à faire le premier pas et tenter de les séparer.
Avant je ne le faisais pas. Maintenant, ça vient du cœur. »
K :
« Souvent quand on se fait “traiter”, on laisse
parler. Je me dis q’un jour eux aussi ils grandiront…
Aujourd’hui je peux dire que ma fonction de délégué
de classe et cette formation m’ont permis de grandir dans
ma façon de voir et de penser. »
F :
« Oui, mais des fois je me dis que certains ne grandiront
jamais …Etre délégué de classe
te permet de t’ouvrir vers les autres et de ne pas avoir
une vision inexacte de la vie et du fonctionnement d’une
classe. »
Conseilleriez-vous
à vos camarades de suivre cette formation ?
F :
Oui, la formation est nécessaire, elle est un outil indispensable
quand on veut être un délégué responsable.
Elle est utile au même titre que la « campagne
électorale » qui doit normalement précéder
le jour du vote : elle prouve l’engagement du futur
délégué.
K :
Bien sûr que cette formation est utile. En plus quand on
est élu, on a le sentiment d’être acteur du
collège. Oui, je conseille vraiment cette journée.
Même si certains ne prennent pas tout de suite conscience
des informations et des conseils donnés, ils s’en
rendront compte plus tard.
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