<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Un sourire, ça n'a pas de prix

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Décembre - Janvier - Février 2003 - n° 47
Édito
Bonne et Heureuse Année 2004
Citoyenneté :
Un sourire, un regard, Ça n'a pas de prix
 
Antennes
Le Cirque
Un moment de bonheur
A VOUS LA PAROLE
La fraternité
Découverte
Une Ballade en Métro
Le saviez-vous
1903 : Une Année aux Evènements Marquants
Prévention
Partageons la route
ensemble
Citoyenneté
colloque National
Autre numéro
45 - 46 - 47
- 48 - 49
et toujours le numéro
Spécial Laïcité



UN SOURIRE, UN REGARD, ÇA N'A PAS DE PRIX

Le sourire est important, le bonjour est important. Un sourire, ça se donne, ça s’offre et ça n’a pas de prix. Un bonjours offre toujours l’occasion de donner plus, de commencer un échange, n’importe quel échange, cela n’a pas d’importance, ce qui est essentiel, c’est redonner la dignité et l’espoir. Chacun où il est, à sa façon, peut faire quelque chose à sa portée.

Oh que le regard des autres est aussi important ! Le regard que l’on porte sur moi, comme le regard que je porte sur les autres. On ne voit pas le plus important, on se regarde trop le nombril. On veut que l’autre soit comme nous, car il nous renvoie à notre propre image, il nous renvoie à notre propre passé. Pourquoi l’on regarde un handicapé en fauteuil ou un aveugle avec son guide ? on parlera plus facilement à ce guide, comme si l’aveugle n’était pas une personne digne d’avoir son propre destin, comme s’il n’avait pas son propre raisonnement. A t-on simplement pitié de cet infirme ?

Quand j’étais petite, j’ai souffert de ce regard. J’étais dans un fauteuil. Je souffrais du regard des autres. Mais un jour ma grand-tante me pris dans ses bras, elle en avait assez de ce fauteuil, car tout le monde m’assimilait à cet objet. Elle m’a dit : « le médecin m’a dit que tu ne pourras jamais marcher… Que penses tu ? » Alors elle me regarda avec des yeux d’amour, elle disait qu’elle croyait en Dieu et en l’Homme. Elle ajouta : « moi je suis sûre que tu pourras marcher ! » Puis elle m’emmena pendant des années en rééducation. Au bout d’un an, je déambulais. Je crois que c’est l’amour tout simplement.
Son amour m’a portée.

Le regard négatif, si souvent accusateur, culpabilisateur, empêche d’avancer, casse l’être humain. Mais quand on porte un regard positif, la personne considérée peut avoir confiance en elle. Ce regard là permet de découvrir la valeur de l’autre. IL permet aussi à l’autre de découvrir sa propre valeur. Si l’autre n’a jamais été regardé de façon positive, il n’a même plus de valeur à ses propre yeux.

Ce regard, j’en est pris conscience là dans mon travail, dans ma vie privée et partout dans le monde, lorsque se pose les yeux sur tout ce qui nous entoure. J’ai appris également que nous sommes tous différents, mais que toutes ces différences sont une force et une richesse. Ce regard d’innocence, ce regard qu’ont les enfants, ce regard neuf, nous transforme. Si parfois, les gens sans-abris ont le regard perdu dans le vague, c’est que personne ne les regarde de façon positive. Ils nous intéressent pas. On ne regarde pas un être que l’on méprise. On ne veut pas comprendre. On ne veut pas savoir pourquoi la vie est dure pour lui, pourquoi il boit… On ne cherche pas ce dont on pourrait lui apporter : c’est plus facile de l’ignorer.

Un regard offre peut être l’occasion de donner plus, un bonjour de commencer un échange, un sourire de réconforter, mais l’essentiel, c’est donner la dignité, l’espoir.


Nadine Gizard ATD quart monde.