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Juin - Juillet - Août 2003 - n° 45

 

 

 

 

 

 

 

Le lien Armée-Nation au coeur du pacte républicain

Vive la Nation !

par Marcel CASTEX, Président de la Fédération Nationale des Combattants Républicains (FNCR), Emmanuel DUPUY, Coordinateur de l’Union des Républicains Radicaux (U2R) Diane LE BEGUEC, Présidente d’Honneur de l’Union des Jeunes Républicains (UJR) Emmanuel SAUSSIER, Président de l’Union des Jeunes Républicains (UJR)

C’est à l’unisson de ce cri rassembleur que les Sans-culottes, unis derrière le général Kellermann, permirent plus que quiconque d’asseoir définitivement l’idée de République, de Nation et de souveraineté nationale.
Ces soldats volontaires de l’An 11, venus en masse au son de la Marseillaise défendre la Nation et non le souverain, censé l’incarner, constituent ainsi les précurseurs du lien Armée-Nation, qu’ont perpétué, dans le sacrifice et l’honneur du service à la Patrie, de nombreuses générations du feu. Qu’il s’agisse des conscrits d’hier, de l’armée professionnelle aujourd’hui, ou des réservistes de demain, ils sont nombreux à témoigner d’un attachement sans faille à la République et à la Nation.
Dès lors, il est assez éloquent de constater combien la mémoire collective peut être sélective et parfois si cruelle. Qui se souvient, en effet, que le 20 septembre 1792, sur le plateau de Valmy, se jouait le destin de notre collectivité nationale, en même temps que naissait la République
« laïque, une et indivisible » telle que nous la chérissons, proclamée le lendemain par
la Convention nationale.
Il est des événements qui changent le cours de l’histoire, comme l’indique la phrase du philosophe Goethe, qui proclamait à la lueur de la victoire française contre les Prussiens que « de ce lieu et de ce jour, date une nouvelle époque de l’histoire du monde, et vous pourrez dire j’y étais ». Cet hymne universel résonne encore avec une acuité et une modernité qu’il est étonnant de ne pas voir entonner par tous les Républicains.
Car la victoire de Kellermann à Valmy prend la forme d’un symbole. Elle sauve en effet la « liberté », permet aux Français de décider librement de leur avenir et à tous les peuples à disposer d’eux-mêmes ; elle est aussi à la fois le produit et le gage de l’égalité républicaine. Cette dernière devient ainsi enfin reconnue par tous. Cette victoire historique se base, bien évidemment, sur l’idéal partagé de la
« fraternité » qui constitue, qui en douterait d’ailleurs, la meilleure façon de vivre ensemble.
Cette chaîne qui unit tant de générations d’anciens combattants au plus jeunes d’entre nous, est le ferment le plus solide qui fait de la République, le seul système politique à garantir les droits et les devoirs de tous.
Célébrer Valmy, c’est se rappeler que l’idéal républicain est une quête perpétuelle, que le lien Armée-Nation trouve sa source, dans des circonstances exceptionnelles, face à une menace extérieure ou à un danger intérieur, tout comme au quotidien.
Les Sans-culottes de Valmy ont forgé notre identité nationale, ils ont permis à l’Humanisme des lumières, aux principes de la Révolution française de dépasser les frontières et irriguer l’Europe entière. Qui mieux que ceux qui perpétuent son souvenir, aujourd’hui, à tous les niveaux de la société civile et militaire, peuvent faire leurs les paroles de notre hymne national, « aux armes citoyens ».
Car en effet, les armes ont changé, mais l’esprit de défense demeure intact. Il est ainsi du devoir de tout un chacun de perpétuer, à sa manière, dans la défense de l’intérêt général, la promotion de la laïcité, la recherche collective du bien commun plutôt que dans l’individualisme, ainsi que la reconnaissance de l’intérêt supérieur de la République.
Cet indispensable et élémentaire devoir de mémoire se conjugue au diapason des sacrifices douloureux de générations entières du feu. L’école de la République, la communauté éducative -élèves, parents, enseignants-, les élus, doivent faire vivre ce lien, qui constitue, sans conteste un apport déterminant à une citoyenneté active.
« Vivre ensemble » conjugué à « mieux vivre », doivent guider le pas des plus jeunes dans leur parcours de citoyenneté. L’éducation à la défense se résume par les Journées d’Appel à la Défense (JAPD), qui ont remplacé la conscription et rendu l’armée quelque peu orpheline. Il serait souhaitable de mettre en place une réserve opérationnelle plus pragmatique et attrayante. Celle-ci nécessite de prendre des dispositifs réglementaires plus adaptés à la complexité de notre monde.
Il en va de notre capacité à la mobilisation, qui en tant de paix, et surtout en temps de crise, revêt une place complémentaire aux missions confiées par les forces armées à leur personnels engagés. Cette « Armée nouvelle », à l’instar de celle voulue

Convaincue de l’importance que revêt la bataille de Valmy dans la construction de l’Europe et l’avènement des principes de la République servant nos institutions et nos règles démocratiques, l’APMCJ fait oeuvre de mémoire collective, en commémorant depuis 1997, la date anniversaire de cette victoire des Sans Culottes sur l’absolutisme monarchique.
Cette année encore, nous serons présents sur le site du “champs de bataille”, militants, jeunes et anciens combattants, toujours dans l’espoir de voir les pouvoirs publics faire de ce tournant de l’histoire de la nation, une journée Nationale.